Voilà ! Vous avez l’idée, le budget, l’enthousiasme, et vous voilà prêt à foncer dans les méandres des registrars (c’est quoi un registrar ?) afin de réserver votre nom de domaine. Mais pas si vite !

Trop souvent, je vois des gens se précipiter pour acheter leur nom de domaine, mais la satisfaction immédiate laissera souvent place à une désillusion amère dans l’avenir. Même s’il est vrai que nous sommes dans une période de transition, et que le big-bang des noms de domaine soit en cours, il n’en reste pas moins qu’à l’heure actuelle, certains conseils restent de mise :

1. Simplicité

Dans le monde féérique du www, votre nom de domaine est en quelque sorte l’équivalent de votre numéro de téléphone (dans le dur monde de la réalité) : plus il est simple à retenir, mieux c’est !

Mais simple ne veut pas toujours dire « plus court ». En effet, xplg.com n’est pas forcément plus simple à retenir que epousemoi.com. Evidemment, si votre société s’appelle XPLG, alors xplg sera tout indiqué. Idem, si votre nom de société est trop long : l’utilisation d’initiales prend alors tout son sens.

conseil : si vous partez de 0, de grâce, choisissez un nom simple à retenir.

2. Facilité

A moins que vous n’ayez un budget marketing vous permettant de matraquer votre nom de domaine partout et pendant longtemps, privilégiez la facilité. Dans ce cas, un bon nom de domaine doit pouvoir être dit et compris au téléphone (ou à la radio par exemple), sans qu’il n’y ait besoin d’épeler chaque lettre. Du coup, évitez les tirets (il existe toutefois des exceptions, voir la section « Pertinence » plus bas) et tout ce qui peut compliquer la communication de votre nom de domaine.

conseil : appelez une de vos connaissances, et communiquez-lui le nom de domaine souhaité au téléphone, sans l’épeler. Demandez ensuite à cette personne de vous dire comment elle taperait ce nom dans un moteur de recherche.

3. Un .com, .fr ou .re ?

Le fait que vous soyez petit aujourd’hui ne signifie pas que demain, vous ne serez pas grand. Derrière cette Lapalissade (une Lapalissade est une affirmation ridicule énonçant une évidence perceptible immédiatement) se cache une vérité évidente, mais ô combien souvent occultée dans la précipitation.

En effet, imaginons que vous ayez une entreprise d’épépinage de groseilles (si si ça existe, il y a même un championnat du monde !) . C’est un business local, qui ne dépasse pas le territoire de l’Île de la Réunion. Vous réservez donc le nom de domaine grosgroseilles.re (au moment de la rédaction de cet article, le nom de domaine est toujours disponible, foncez !), passez à l’étape de création du site internet qui va avec, et pendant quelques années, vous prospérez dans la vente de groseilles épépinés à la Réunion.

Puis soudain, un milliardaire américain décide de se lancer dans l’épépinage de groseille au Texas, et bingo ! Vous devenez son principal fournisseur. Du coup vous développez votre marque au niveau international. C’est le jackpot. Oui, mais voilà, entre-temps, grosgroseilles.com a été acheté par une association très douteuse, qui a choisi pour on-ne-sait quelle raison le groseille comme emblême, mais dont les membres aiment porter des tenues kaki et des moustaches coupées en carré et dont les photos affichées sur la page d’accueil donneraient la chair de poule à un bourreau expérimenté. Et manque de bol, le site de cette association vous devance sur google.

Aïe, aïe, aïe … pas bon pour le business tout ça. Maintenant imaginez qu’au lieu d’une association moustachue, ce soit votre concurrent qui ait acheté grogroseilles.com. Vous avez le choix : la peste ou le choléra …

conseil : bien que les règles soient en train d’évoluer, essayez d’avoir au minimum le .com ainsi que l’extension locale de votre pays.

4. Pertinence

Lorsque vous avez le luxe de pouvoir choisir votre nom de domaine, sans limitation autre que la disponibilité (dans le cas par exemple de la création d’un nouveau business), deux routes s’offrent à vous : le générique ou la marque. Développer une marque est une science en soi, qui dépasse de loin le cadre de cet article, et même s’il est préférable de posséder un nom de domaine identique à sa marque, il se peut que selon les cas, vous privilégiez une route ou l’autre, et dans certains cas, pourquoi pas les deux ?

Exemple : vous créez une marque de vêtements branchés pour le 3ème age qu’on appellera Grozeil (tiens donc!) et réservez grozeil.com (et grozeil.re et/ou grozeil.fr si vous avez bien suivi!). Rien ne vous empêche d’acheter un nom de domaine qui reprend vos mots-clés cibles et qui pointerait vers grozeil.com (exemple vetements-troisieme-age.com). Certes, ce nom de domaine générique est long et comporte des tirets, mais le but est ici uniquement de venir soutenir votre stratégie et de rediriger vers votre site principal.

conseil : dans l’idéal, votre nom de domaine devrait être identique à votre marque, mais rien n’empêche d’acheter un nom de domaine générique, comportant vos mots-clés cibles, et redirigeant vers votre nom de domaine principal.

5. Conclusion

Tous les chemins mènent à Rome, mais certains sont tout de même bien plus faciles ! Ne faites pas l’impasse sur le choix de votre nom de domaine. Il est au coeur de votre stratégie web, et même si les règles sont en train de changer, privilégiez un nom de domaine simple à retenirfacile à déclineradapté à votre cible et pertinent.

 

Kaycy Dungia